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Textes de Mère Cécile Bruyère
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Nous célébrons aujourd’hui la fête de Saint Luc, le rédacteur de l’Evangile qui porte son nom et aussi du livre des Actes des Apôtres, médecin, compagnon de Saint Paul, sans doute aussi, peut-être un proche de Marie mère de Jésus. Il est l’évangéliste de la Miséricorde, c’est lui qui nous rapporte les paraboles de la miséricorde. Il est aussi l’évangéliste de la joie, de la grande joie annoncée aux bergers la nuit de Noël à la joie des apôtres après l’Ascension qui retournèrent à Jérusalem en grande joie.

L’Evangile de ce jour de fête est celui de l’envoi en mission des 72. Ce ne sont pas seulement les apôtres qui sont envoyés en mission. Le cercle des missionnaires est beaucoup plus large : 72, c’est 70+2. Il y a là sans doute une référence aux 70 anciens qui sont associés à Moïse et reçoivent une part de son esprit dans l’Ancien Testament auxquels sont ajoutés deux autres (Eldat et Medat) qui n’étaient pas prévu sur la liste de départ. 70, c’est aussi le nombre de nations qui sont issues de Noé après le déluge. Ce choix bien sûr indique la portée universelle que le Seigneur donne à cet envoi en mission. Ils sont envoyés au monde entier.

Je me suis demandé si ce passage de l’Evangile pouvait concerner des bénédictines dont la vocation est d’être enfermées dans leur monastère. En réalité oui car la vocation de tout baptisé est missionnaire, car la seule raison d’être de l’Eglise, c’est l’annonce de l’Evangile, c’est-à-dire permettre aux hommes, à tous les hommes et femmes de tous les temps de rencontrer l’Amour et la miséricorde de Dieu révélée dans la mort et la résurrection du Christ. « La mission n’est ni une partie de ma vie, ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice, ni un moment de l’existence. Elle est quelque chose que je ne peux pas arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans le monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. »

Souvent, nous sommes encore dans le schéma : les curés de paroisse, les missonnaires au loin, les laics dans le monde, les familles et puis il y a ceux qui sont hors du monde : les moines et les moniales, c’est-à-dire vous. En réalité, je pense qu’il n’y pas de vocation hors du monde car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils non pour condamner le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui. Dieu est venu dans le monde, nous ne pouvons pas le fuir. Donc votre vocation est dans le monde mais selon une modalité propre à la vie monastique cloîtrée. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous demander de sortir de votre clôture bien au contraire. Vous rappelez au monde que la figure de ce monde passe. Tout cela pour vous dire que votre vocation de bénédictine est une vocation missionnaire. Le texte de l’Evangile d’aujourd’hui vous concerne donc.

Jésus envoie ses disciples deux par deux, pas seul. Pourquoi deux par deux ? Car seul le témoignage de deux personnes n’était pas retenu devant un tribunal.  D’autre part, le premier témoignage est celui de la charité entre nous. Pour vivre la charité, il faut être au moins deux et la présence de nos frères et soeurs nous protège du désespoir et de l’orgueil. Quand la mission semble un échec, on se porte les uns les autres. Si elle est un succès, vous ne pouvez pas dire que c’est uniquement le vôtre. S’il y a un échec, c’est peut-être à cause de ma soeur. S’il y a un succès, c’est peut-être aussi à cause de ma soeur. Dieu n’aime pas le “one man show”. Il est lui-même Trinité. Les disciples sont envoyés au devant de lui là où lui allait se rendre. Nous préparons la venue d’un autre que nous-même et quand il est là, nous passons au second plan.  Jésus leur donne une liste de consignes :

- La mission est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Face à ce manque d’ouvriers, il invite à prier le Maître de la moisson. On aurait pu imaginer qu’il dise : “allez recruter des gens”. Ce n’est pas nous qui choisissons les missionnaires, c’est Dieu, selon des critères que lui seul connaît. Nous, nous accueillons les compagnons (compagnes) que lui envoie. - “Allez”, si le premier conseil, c’est “priez”. Le second, c’est “allez”. Il y a un moment, il faut y aller. Ne plus sans cesse attendre. Il nous faut nous déplacer, bouger. Cela nous revient. - Il nous envoie comme des agneaux au milieu des loups. C’est incroyable car un agneau au milieu des loups est sur le point de se faire manger. Mais peut-être y-a-t-il plus ? Lui le bon berger est venu et est devenu véritablement berger en devenant l’agneau immolé. Bien sûr, c’est un appel à la vigilance et à ne pas avoir peur mais aussi à imiter Jésus l’agneau immolé, l’agneau pascal. - Ne portez ni gourde, ni sac, ni sandale. Cela est sans doute une invitation à la sobriété mais surtout à comprendre que l’efficacité de la mission ne vient pas des moyens. Nous pouvons être tentés de penser que nous ne pouvons pas être missionnaire car nous n’avons pas les moyens. Notre sécurité est uniquement en lui, dans le fait que c’est lui qui nous appelle et envoie. - Il nous demande de ne saluer personne en chemin. Nous ne sommes pas là pour faire des mondanités. Nous avons à travailler avec ceux qui le veulent, avec les amis de la paix. S’ils ne veulent pas, passons outre.

Pour résumer mon propos : - Jamais seul - Nous préparons la venue d’un autre - Priez - Allez - Comme l’agneau immolé - Notre assurance est en lui pas dans nos moyens - Sans mondanité - Travailler avec ceux qui le veulent.

Enfin, nous sommes invités à annoncer et d’une certains manière à rendre présent le règne de Dieu. « Le règne de Dieu s’est approché de vous ». Vous le savez, le règne de Dieu, c’est Jésus lui-même. Nous avons à rendre présent le Seigneur pour que lui guérisse les cœurs et leur apporte la paix. Lorsque nous rencontrons les gens ; se disent-ils : « Le règne de Dieu s’est approché de moi ? ». « Jésus veut des évangélisateurs qui annoncent la bonne nouvelle non seulement avec des paroles, mais surtout avec leur vie transfigurée par la présence de Dieu. »

Par l’intercession de Saint Luc, que nous soyons rayonnants de joie et de miséricorde.

+ Yves Le Saux Evêque du Mans

Mise à jour le Jeudi, 09 Novembre 2017 10:39
 
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Texte de Mère Cécile Bruyère, fondatrice et première abbesse de Sainte-Cécile

 

L’âme simple n’a qu’un regard, un amour, une intention, une prétention, une fin : un regard, elle ne voit que Dieu ; un amour, elle n’aime que Dieu ; une intention, elle ne tend qu’à Dieu ; une prétention, contenter Dieu ; une fin, posséder Dieu. Elle ne connaît ni les retours sur le passé, ni les prévoyances inquiètes de l’avenir; elle concentre paisiblement toutes ses forces dans l’unité de l’heure présente ; et dans le moment présent, elle ne voit que l’unité du bon plaisir de Dieu. Les événements, quels qu’ils soient, ne troublent jamais la paix et la sécurité que lui donne le total abandon d’elle-même au bon plaisir de Dieu.

Mise à jour le Dimanche, 21 Décembre 2014 10:49
 


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