Home Homélie de Monseigneur Battut le 22 novembre 2014
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Homélie de Monseigneur Jean-Pierre BATUT

 

22  novembre 2014

à l’Abbaye Sainte-Cécile de Solesmes[1]

 

Chères Sœurs et chers Frères,

C’est pour moi une grande joie et un grand honneur de célébrer cette Sainte Cécile en ce lieu pour celles qui célèbrent les noces du ciel et de la terre comme nous l’entendions dans la lecture de l’Apocalypse. En d’autres termes, la fête de sainte Cécile comme celles des grands saints, comme celles de la Vierge Marie, célèbre l’accomplissement ultime du dessein de Dieu, préfiguré dans l’existence de ses saints, et en particulier les saintes en tant qu’elles sont figures de l’Église.

Dans le canon romain nous avons deux listes de saints. La première est celle des Douze auxquels s’est adjoint Paul, suivis des premiers papes et des grands martyrs du début du christianisme romain. La deuxième commence par la mention de Jean-Baptiste et d’hommes apostoliques et se conclut par celle de sept femmes, parmi lesquelles, justement, Cécile. Ces saintes qui concluent la deuxième liste du Canon romain forment comme une couronne virginale autour de leur Seigneur. D’ailleurs les noms de la plupart d’entre elles sont comme un résumé de leur grâce, comme des rayons qui partent du même centre. Bonheur et béatitude : Perpétue et Félicité ; la bonté : Agathe ; la lumière : Lucie ; la douceur : Agnès ; la résurrection : Anastasie. Celle qui fait exception, c’est Cécile que nous connaissons par son nom de famille, mais le peu que nous savons à son sujet nous rend certains qu’elle participe et justifie pleinement [ndr : sa place dans ce Canon], qu’elle participe dans ce cortège original à cette liturgie céleste dont nous parle l’Apocalypse : le festin des noces de l’Agneau.

Cette liturgie se déroule en trois moments : le premier est une louange : louez Dieu. Le second donne la raison fondamentale qui rend cette louange possible : c’est la confession du salut désormais pleinement accompli par Dieu en son Fils. Il a pris possession de son Règne le Seigneur Dieu Pantocrator.

Le troisième moment en annonçant venues les noces de l’Agneau, en assurant que son épouse a revêtu sa parure et là  seulement un moment de louange, un moment de confession, c’est l’affirmation que désormais Dieu et l’humanité agissent ensemble parce que Dieu, dans sa grâce, associe sa création à son œuvre. Il n’a pas voulu que cette œuvre se parachève sans le consentement de sa créature et sans sa participation active si bien que la capacité réceptive de la créature, capacité réceptive de la grâce de Dieu, est proclamée dans un hymne de jubilation, l’aboutissement de l’univers.

Voilà ce que font célébrer les fêtes des saintes, avant les fêtes des saints, car si la grâce de l’homme est une grâce d’action, la grâce de la femme est une grâce d’accueil qui rend possible l’action : l’action de Dieu d’abord en nous et notre propre action en réponse à l’action du Christ. C’est donc l’accomplissement de l’humanité en tant qu’elle est épouse, qu’il nous est donné d’entrevoir en cette grande fête.

Le poète Tagore disait : la petite fleur au bord du chemin est un message d’amour du Bien-Aimé ; encore faut-il que quelqu’un regarde la petite fleur et élève son cœur vers le Bien-Aimé pour lui rendre grâce de son existence. Encore faut-il originellement que la petite fleur pour se développer accueille la vie que le Bien-Aimé donne. Celui que nous aimons sans l’avoir vu, Celui en qui nous croyons sans le voir encore, se donne d’abord à accueillir. Puissions-nous, à la faveur de cette fête de sainte Cécile et par son intercession, développer en nous cette puissance d’accueil envers le Bien-aimé qui s’est donné à goûter et à aimer de toute éternité à celles qu’il a mises à part. C’est ce qu’il donne à profusion à tous ses saints et à ses saintes.

 


[1] A midi de ce même jour était publiée l’annonce de la nomination de Mgr Batut comme évêque de Blois

Mise à jour le Dimanche, 21 Décembre 2014 13:36
 

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