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Homélie du Cardinal Raymond Leo Burke

27 avril 2013

Abbaye sainte-Cécile de Solesmes

Ac 13, 44-52

Ps 97, 1, 2-3ab, 3cd-4

Jn 14, 7-14

 

 

HOMÉLIE

 

 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Madame,

Bien chères sœurs,

 

C’est une joie et un honneur pour moi de visiter aujourd’hui votre vénérable abbaye, et surtout d’y célébrer la sainte Messe, pour la gloire de Dieu et pour la sanctification des âmes. Comme je l’ai confié hier aux moines de Saint-Pierre, c’est la première fois que je visite Solesmes, après en avoir entendu parler depuis très longtemps. Encore enfant, je me souviens combien les prêtres et les religieuses qui nous enseignaient le chant grégorien évoquaient souvent – et avec grande révérence – le travail de la communauté bénédictine de Solesmes. L’amour que je nourris pour la sainte liturgie vient couronner l’émotion qui est la mienne en ces jours de visite à Solesmes.

Mes sœurs, vous avez la grâce de vivre ici auprès du cœur de Dom Prosper Guéranger, qui aimait si intensément la sainte Eglise romaine et son culte officiel, la sainte liturgie. Cette dernière est l’authentique prière de l’Epouse à l’Epoux, la seule qui soit capable de toucher directement le Cœur de l’Epoux, Jésus-Christ1. En cultivant ce même amour pour la sainte liturgie que possédait Dom Guéranger, vous serez portées directement auprès du Sacré-Cœur de Jésus.

Dans le récit évangélique de ce jour, emprunté à la dernière Cène, nous contemplons quelque peu l’adorable mystère de la Sainte Trinité. Avec un ton de léger reproche, Notre Seigneur répond à la demande de son disciple Philippe qui lui disait : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit »2. – « Il y a si longtemps que je suis avec vous, rétorque Jésus, et tu ne me connais pas, Philippe. Celui qui m’a vu a vu le Père »3. Notre Seigneur indique ainsi la voie unique pour connaître le Père : connaître le Fils. Dieu le Père et Dieu le Fils sont deux personnes bien distinctes, mais elles ne forment avec le Saint-Esprit qu’une seule divinité. « Je suis dans le Père et le Père est en moi »4, continue Jésus pour bien insister sur la consubstantialité du Père et du Fils.

Cette vérité théologique anime également la sainte Liturgie. Quand nous participons à l’Opus Dei, nous faisons bien plus que de chercher à mieux connaître le Père. Nous Lui rendons gloire, nous L’adorons, nous Le contemplons, nous Lui offrons nos vies, nos personnes ; en un mot, nous lui rendons un culte : un culte « en esprit et en vérité »5. Pour présenter cette offrande au Père, il nous faut passer par le Fils, qui est le Pontife par excellence. « Nul ne va au Père si ce n’est par moi »6.

Jésus, le Fils, est la Porte placée entre le Père et les âmes chrétiennes. Il n’en existe pas d’autres. Jésus est la Porte par laquelle les louanges et offrandes des âmes montent vers le Père, et par laquelle descendent sur le monde des grâces de choix, fruits des mérites infinis de l’Homme-Dieu. Jésus est la Porte. Jésus est l’acteur principal de la sainte Liturgie.

Tournons-nous vers la serrure de cette Porte, à savoir le Sacré-Cœur. Pour ouvrir la porte, il faut s’efforcer de connaître les secrets de ce divin Cœur, qui a tant aimé les hommes. Dom Guéranger n’a pas fait autre chose : il a puisé dans ce Cœur comme à la source de tout amour pour y trouver l’amour de la sainte Liturgie romaine, qui est l’expression la plus pure et la plus noble du juste hommage que nous devons rendre à notre Créateur et Sauveur.

Madame, mes Sœurs, j’invoque aujourd’hui le Sacré-Cœur de Jésus afin qu’il rende nos cœurs toujours plus amoureux de Jésus et de la sainte Liturgie. Je pense ici à l’inspiration que vous pourrez recevoir de la grande figure de sainte Gertrude la Grande, maîtresse spirituelle très sûre et très sainte pour quiconque s’engage à la suite du Christ sur les chemins de l’Evangile7.

Je me permets aussi de me recommander à vos prières. Je sais que peux compter sur elles, car elles émanent de cœurs façonnés quotidiennement par le culte officiel de l’Eglise, sous le regard du cœur de l’admirable Dom Prosper Guéranger et de son disciple Madame Cécile Bruyère.

 

Cœur de Jésus, fournaise ardente de charité, ayez pitié de nous.

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Saint Benoît, priez pour nous.

Sainte Scholastique, priez pour nous.

Sainte Cécile, priez pour nous.

 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Raymond Leo Cardinal BURKE










1 Cf. Prosper Guéranger, L’Année Liturgique. L’Avent, « Préface générale », 21ème éd. (Tours : Maison Alfred Mame et Fils, 1926), pp. ix-xi.
2 Jn 14, 8.
3 Jn 14, 9.
4 Jn 14, 11.
5 Jn 4, 23.
6 Jn 14, 6.
7 Cf. Pape Benoît XVI, “Sainte Gertrude”, Audience Générale, 6 octobre 2010, http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010.

Mise à jour le Mardi, 14 Mai 2013 17:31
 

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