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Textes de Mère Cécile Bruyère

Textes tirés des conférences de Mère Cécile Bruyère

La prière

 

Préliminaire

Les moniales « mettront donc au-dessus de tout leur beau titre de fille de l’Église catholique »… L’admirable sainte Thérèse (d’Avila) trouve ce titre au-dessus de tout elle aussi, oui, au-dessus de tout ce que Notre Seigneur a pu nous donner par les liens du sang ou par les biens de la fortune. La principale grandeur est donc d’être fille de l’Église catholique ; l’apogée de la sainteté conduirait à être identifiée à l’Église catholique au plus haut degré possible de cette identification[1]

Notre Seigneur a dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église [2]». Il est donc impossible qu’une vraie fille de l’Église catholique n’éprouve pas un sentiment profond de respect et de fidélité pour le Saint-Siège, pour le Pontife romain car nous ne distinguons pas entre le Siège et le Vicaire de Jésus-Christ ; tous les enseignements du Pape doivent être pour nous la force, la vie, la joie. Étendre cette fidélité à l’évêque : l’âme qui adhère à Dieu doit avoir l’amour de la hiérarchie telle que Dieu l’a établie.

Louange

La louange divine est un hommage de justice rendu à Dieu qui a créé l’homme pour le louer ; il se devait de ne créer que pour sa gloire. Les créatures rendent donc à leur Créateur un hommage de justice quand elles lui consacrent le jour et la nuit. Autrefois, quand il n’y avait pas d’heure où la terre n’offrit au Seigneur ce tribut, les choses n’en allaient pas plus mal, sans que les hommes fissent pourtant de grands efforts. Le démon a fait taire ce concert universel : la piété privée ne l’effraie pas autant que cet hommage universel officiel.

Dieu, dans sa justice a porté ce jugement sur toute créature : qu’elle doit le louer ; l’homme, centre de la création matérielle, donne une expression à la louange des créatures inférieures et inanimées, c’est ce qu’exprime surtout le cantique Benedicite.

« Les sœurs… concevront une idée toujours plus haute de cette sainte fonction ». Là est le nerf de notre vie ; autrefois on n’imaginait pas une vie contemplative qui ne fût basée sur l’office divin ; maintenant pour prier il faut se mettre dans un petit coin, de peur que la dévotion ne s’évapore ! S’il suffit d’un petit mouvement du corps pour faire perdre le recueillement, cela ne prouve guère en faveur de la méthode puisque si peu de chose suffit pour mettre tout à vau-l’eau. Le Père Abbé – dom Guéranger – se fait une autre idée de notre vocation : nous sommes des moniales de l’Ordre de Saint-Benoît, interprètes de la sainte Église dans la louange divine. Il faut pour bien accomplir une action en avoir l’estime, en connaître la grandeur, la dignité, alors rien ne se fait par manière d’acquit. Il y a véritablement estime de l’Opus Dei (l’œuvre de Dieu) si notre vie tend vers ce but, si même en dehors des heures de l’office, sa célébration demeure le point central, si les études, les efforts sur soi-même, tout – en un mot – converge vers cet unique louer Dieu

« Je te chanterai en la présence des Anges ». Voilà qui est très solennel : les anges sont attentifs à cette louange humaine qui monte vers le trône de Dieu. Devant une assemblée d’élites, les musiciens évitent la moindre faute quand ils exécutent leurs symphonies, ils y apportent toute leur attention, tous leurs soins. C’est ce que nous devons faire à l’office divin, non à cause du monde qui pourrait être dans l’église mais à cause des anges qui y sont toujours. L’heure de l’office est comme un temps de repos pour eux, ils écoutent ce concert qui, du milieu de toutes les misères de ce monde s’élève vers la Majesté divine.

« Que notre esprit soit d’accord avec notre voix ». Telle est la règle monastique de la prière, avec celle-ci on se passe des autres ; il n’y a pas de vraie oraison qui soit seulement vocale, saint Benoît le trouve impossible ; il faut que l’esprit concorde avec la voix pour qu’il y ait prière. Ainsi un ton qui sent la crécelle et montre que l’esprit est ailleurs, n’est pas acceptable. Il ne faut pas que le Seigneur dise de nous : « Ce peuple m’honore du bout des lèvres et son cœur est loin de moi[3] ». Peu importe la beauté des chants si les cœurs ne chantent pas ; les auditeurs angéliques seraient choqués.

Le Père Abbé (dom Guéranger), après avoir parlé des choses plus élevées, en vient à indiquer la pratique : pour bien louer Dieu il faut comprendre la langue de l’Église ; il n’est pas question de goût ou de science, c’est un devoir monastique à remplir. Nos grand-mères apprenaient le latin, cette connaissance était répandue dans toute l’Église ; autrefois la langue latine était la langue universelle, les chartes entre puissances même politiques s’écrivaient en latin : l’Église avait réalisé l’unité de langage. Nous nous mettons, par le latin, en communion plus étroite avec l’Église, en communication avec les monastères de nationalité différente : vous rappelez-vous lorsque Mère X. était ici ? Quand elle ne trouvait pas le mot français, nous lui disions : « Parlez latin ». La fidélité à l’étude du latin est donc un devoir strict. Les moniales ne peuvent être comme des écolières sur leurs bancs ou des élèves avec leurs professeurs, elles apprennent parce que c’est un devoir de conscience.

 


Adoration

L’adoration est le premier devoir ; nous savons ce que le Père céleste cherche sur la terre, ce sont les adorateurs en esprit et en vérité. Combien de fois en lisant ce passage s’est-on dit : « Est-ce que je ne pourrai pas en être ? Je pense que Dieu accorde tout à ces gens-là ». Notre Seigneur dit à la Samaritaine : « Femme, crois-mo : l’heure vient où ce n’est sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père[4] ». Les vrais adorateurs en esprit et en vérité adoreront partout parce qu’ils ont le Seigneur en eux-mêmes ; ils ont le temple et l’autel. L’intercession est une très petite partie de notre vie de prière. Le premier intérêt c’est Dieu ; notre premier devoir, nous occuper de lui. Saint Benoît ne dit pas du moine qu’il intercédera pour les hommes, mais on s’enquerra : « S’il cherche vraiment Dieu ». Avant tout il faut rendre au Seigneur ce qui lui est dû, chercher à vivre en contact avec lui, le reste vient par surcroît parce que plus on s’est approché de Dieu, plus on a la facilité de se faire entendre.

Voyez comme il y a des différences entre certaines prières : celle de la Samaritaine si instante, est sans doute très belle, mais on sens qu’il n’y a pas d’intimité, car plus l’intimité devient étroite et moins on insiste, moins on formule de parole parce qu’on sent tout de suite qu’on est compris. Notre Dame ne dit qu’un seul mot aux noces de Cana : « Ils n'ont plus de vin ». Elle ne presse pas le Seigneur : « Allez-vous faire ce miracle ? Il leur faut telle quantité, etc. etc. » Voilà la prière spéciale. Quand Notre Dame voit que son divin Fils ne lui répond pas, elle n’insiste pas : « Faites attention, je vous en prie », non, simplement : «  Ils n’ont plus de vin », puis elle s’en va, étant certaine d’être exaucée.

Pour sainte Madeleine c’est la même chose : elle ne dit rien, mais pleure un peu, et Notre Seigneur ressuscite Lazare. Les choses se font même plus vite ainsi : il faut d’abord s’occuper de la proximité avec Dieu, puis vous lui demanderez que le monde se retourne, et il se retournera. C’est là le grand secret et nous pouvons alors demander des choses invraisemblables !

C’est dans l’Évangile qu’on trouve tous ces secrets. C’était la manière de faire de Notre Dame. Dans d’autres circonstances nous voyons même qu’elle n’a pas parlé, mais en regardant son Fils d’une certaine façon, elle a tout obtenu. Au pied de la Croix elle ne demandait pas la conversion du bon larron, mais en général le salut des pécheurs. L’Évangile ne cite pas une formule, pas un seul mot, cependant la démonstration de sa prière se fait tout de suite sentir.

Il y a des choses que le Seigneur lit dans les âmes qui sont près de lui, il voit leurs désirs sans qu’elles aient besoin de les formuler. On désire une chose et elle est faite. L’important est de se sanctifier, puis de ne mettre aucune limite à ses demandes. Le ‘mécanisme’ de la prière se simplifie et devient plus facile à mesure qu’on est plus près de Dieu. L’empreinte de la proximité avec lui se traduit ainsi : tout devient plus simple, moins violent, moins agité, moins mouvementé, le Seigneur consent à tout, il suffit qu’on se tourne vers lui pour que les choses s’arrangent. La proximité fait que l’on s’entend facilement. Pour cela il faut supprimer tout ce qui peut former une muraille entre l’âme et Dieu : si l’on a une ‘maison’ entre soi, on ne s’entendra pas.

 

Intercession

Je crois qu’on se restreint trop dans la prière. La prière particulière est bonne, je préfère celle qui est plus générale. Dans la vie contemplative surtout, où nous n’avons qu’à traiter avec Dieu, pourquoi nous limiter à une seule demande ? Quand on s’adresse à Notre Seigneur Jésus Christ mort pour tous les hommes, on ne saurait et on ne pourrait trop demander.

Voyez comment le Fils de Dieu nous apprend à prier : quoi de plus vaste que les demandes du Pater… « Que ton nom soit sanctifié »… en France, en Afrique, en Amérique ? Non, partout. Il faudrait demander pour les étoiles si on les savait habitées.

« Que ton règne vienne »… à Sablé, à Solesmes, dans la Sarthe ? Non, mais dans tous les pays du monde, dans les îles dont j’ignore même l’existence. Pourquoi me borner ? Je sais bien que pour les âmes qui commencent il est bon de préciser : les idées générales ne sont pas les idées vagues et les âmes qui aiment le vague ont raison de préciser, mais quand on sait qu’en touchant un point on peut faire vibrer tout le reste, il faut aller de l’avant.

Reprenons le Pater. Notre Seigneur nous enseigne à faire des demandes générales. Quand vous dites : « Notre Père… donne-nous notre pain de ce jour », c’est-à-dire tout ce qui fait la nourriture de l’homme dans l’ordre physique et quant à son âme. Je sais que toute créature sortie des mains de Dieu a deux besoins : celui d’une nourriture spirituelle, et celui d’une nourriture temporelle ; demandons l’une et l’autre pour tous les hommes, nous devons avoir le cœur aussi large que le monde, demandons pour la terre entière.

« Et ne nous soumets pas à la tentation »… Il faut solliciter une grâce pour les âmes éprouvées afin qu’elles ne succombent pas à la tentation. Et ne dites pas : « En m’étendant comme cela, je risque de m’appauvrir ». Non, c’est une erreur. Je connais bien le proverbe : « Qui trop embrasse, mal étreint ». Oui, quand il s’agit de prendre une brassée de linge ou autre chose du même genre, mais quand il s’agit de traiter avec Dieu, nous pouvons embrasser le monde et au delà, parce que nous nous adressons à Celui qui comprend tout, nous n’avons pas besoin de préciser ou de nous restreindre.

Une bonne pratique aussi à suivre, c’est d’orienter ses prières selon les fêtes de l’Église. Nous fêtons un saint qui a vécu dans tel pays, nous devons prier pour ce lieu qu’il a habité. Il y aurait chez les moniales une déperdition sensible, immense, si elles n’avaient pas le souci habituel de ce courant de l’Église. Quand on en prend l’habitude de bonne heure, cela se fait ensuite tout seul. Cela est très important.

 

Contemplation

Les moniales doivent s’appliquer « à bien comprendre les psaumes ». Non pas une connaissance en l’air mais comprendre à fond, et généralement toutes les prières… « afin de s’élever ainsi à la contemplation des choses divines qui est l’essence même de leur état ». Le Père Abbé (dom Guéranger) caractérise notre vie : il faut comprendre les psaumes pour s’élever à la contemplation et non par amour de la science ou pour faire le bel esprit, ou pour meubler notre mémoire, ou pour se complaire dans l’amour des belles choses ; non, c’est pour arriver à la contemplation. La contemplation, c’est le but de notre Ordre, puisqu’il faut toujours que les ordres religieux aient un but. Nous pouvons dire que nous nous occupons des choses de la liturgie pour arriver à la contemplation ; bien des gens n’y comprendront sans doute rien, mais : « Que celui qui peut comprendre comprenne ! » Il ne s’agit certes pas pour nous de vanité, de faire les bas-bleus, ni même d’un certain goût pour les choses de l’intelligence, nous voulons arriver à la contemplation.

Saint Thomas dit que l’acte contemplatif est nécessairement court. Pourquoi vouloir toujours confondre l’acte contemplatif avec la contemplation ? Un récit admirable d’un acte contemplatif est celui de saint Augustin racontant la vision de sainte Monique à Ostie. Cette vision de la vie éternelle dura un moment imperceptible[5].

Quand l’acte contemplatif se réitère dans une âme, il est certain que cette âme en garde l’empreinte, à la manière d’un parfum s’attachant aux vêtements d’une personne qui est entrée dans un appartement parfumé. L’acte est rapide, mais il est impossible que pareil contact avec Dieu ne laisse pas de traces indélébiles. Une seule grâce de ce genre peut laisser une empreinte ineffaçable. Nos actes contemplatifs se font dans la foi, non dans la vision ; mais le tempérament d’une âme qui les produit, se modifie, se transforme ; cette âme prend des saveurs angéliques, elle perçoit les vérités d’une façon plus rapide, elle traite plus facilement avec Dieu, mais son état n’est pas celui des compréhenseurs.

Notre gloire à nous, viatores « voyageurs », est de monter toujours sans nous arrêter jamais.

 

 

 

 


[1] Pour comprendre cette idée peu développée ici, se reporter à la préface générale de l’Année Liturgique par Dom Guéranger.

[2] Mt 16, 18.

[3] Mt 15, 8-9, cit. Is 29,13.

[4] Jn 4,21.

[5] « Nous y touchâmes un instant d’un bout de notre cœur ; mais bientôt nous soupirâmes en y laissant enchaînés les prémices de l’esprit et nous redescendîmes dans le bruit de la voix, dans la parole qui commence et finit. » Confessions, l. IX, ch. 10.



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Nous célébrons aujourd’hui la fête de Saint Luc, le rédacteur de l’Evangile qui porte son nom et aussi du livre des Actes des Apôtres, médecin, compagnon de Saint Paul, sans doute aussi, peut-être un proche de Marie mère de Jésus. Il est l’évangéliste de la Miséricorde, c’est lui qui nous rapporte les paraboles de la miséricorde. Il est aussi l’évangéliste de la joie, de la grande joie annoncée aux bergers la nuit de Noël à la joie des apôtres après l’Ascension qui retournèrent à Jérusalem en grande joie.

L’Evangile de ce jour de fête est celui de l’envoi en mission des 72. Ce ne sont pas seulement les apôtres qui sont envoyés en mission. Le cercle des missionnaires est beaucoup plus large : 72, c’est 70+2. Il y a là sans doute une référence aux 70 anciens qui sont associés à Moïse et reçoivent une part de son esprit dans l’Ancien Testament auxquels sont ajoutés deux autres (Eldat et Medat) qui n’étaient pas prévu sur la liste de départ. 70, c’est aussi le nombre de nations qui sont issues de Noé après le déluge. Ce choix bien sûr indique la portée universelle que le Seigneur donne à cet envoi en mission. Ils sont envoyés au monde entier.

Je me suis demandé si ce passage de l’Evangile pouvait concerner des bénédictines dont la vocation est d’être enfermées dans leur monastère. En réalité oui car la vocation de tout baptisé est missionnaire, car la seule raison d’être de l’Eglise, c’est l’annonce de l’Evangile, c’est-à-dire permettre aux hommes, à tous les hommes et femmes de tous les temps de rencontrer l’Amour et la miséricorde de Dieu révélée dans la mort et la résurrection du Christ. « La mission n’est ni une partie de ma vie, ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice, ni un moment de l’existence. Elle est quelque chose que je ne peux pas arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans le monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. »

Souvent, nous sommes encore dans le schéma : les curés de paroisse, les missonnaires au loin, les laics dans le monde, les familles et puis il y a ceux qui sont hors du monde : les moines et les moniales, c’est-à-dire vous. En réalité, je pense qu’il n’y pas de vocation hors du monde car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils non pour condamner le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui. Dieu est venu dans le monde, nous ne pouvons pas le fuir. Donc votre vocation est dans le monde mais selon une modalité propre à la vie monastique cloîtrée. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous demander de sortir de votre clôture bien au contraire. Vous rappelez au monde que la figure de ce monde passe. Tout cela pour vous dire que votre vocation de bénédictine est une vocation missionnaire. Le texte de l’Evangile d’aujourd’hui vous concerne donc.

Jésus envoie ses disciples deux par deux, pas seul. Pourquoi deux par deux ? Car seul le témoignage de deux personnes n’était pas retenu devant un tribunal.  D’autre part, le premier témoignage est celui de la charité entre nous. Pour vivre la charité, il faut être au moins deux et la présence de nos frères et soeurs nous protège du désespoir et de l’orgueil. Quand la mission semble un échec, on se porte les uns les autres. Si elle est un succès, vous ne pouvez pas dire que c’est uniquement le vôtre. S’il y a un échec, c’est peut-être à cause de ma soeur. S’il y a un succès, c’est peut-être aussi à cause de ma soeur. Dieu n’aime pas le “one man show”. Il est lui-même Trinité. Les disciples sont envoyés au devant de lui là où lui allait se rendre. Nous préparons la venue d’un autre que nous-même et quand il est là, nous passons au second plan.  Jésus leur donne une liste de consignes :

- La mission est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Face à ce manque d’ouvriers, il invite à prier le Maître de la moisson. On aurait pu imaginer qu’il dise : “allez recruter des gens”. Ce n’est pas nous qui choisissons les missionnaires, c’est Dieu, selon des critères que lui seul connaît. Nous, nous accueillons les compagnons (compagnes) que lui envoie. - “Allez”, si le premier conseil, c’est “priez”. Le second, c’est “allez”. Il y a un moment, il faut y aller. Ne plus sans cesse attendre. Il nous faut nous déplacer, bouger. Cela nous revient. - Il nous envoie comme des agneaux au milieu des loups. C’est incroyable car un agneau au milieu des loups est sur le point de se faire manger. Mais peut-être y-a-t-il plus ? Lui le bon berger est venu et est devenu véritablement berger en devenant l’agneau immolé. Bien sûr, c’est un appel à la vigilance et à ne pas avoir peur mais aussi à imiter Jésus l’agneau immolé, l’agneau pascal. - Ne portez ni gourde, ni sac, ni sandale. Cela est sans doute une invitation à la sobriété mais surtout à comprendre que l’efficacité de la mission ne vient pas des moyens. Nous pouvons être tentés de penser que nous ne pouvons pas être missionnaire car nous n’avons pas les moyens. Notre sécurité est uniquement en lui, dans le fait que c’est lui qui nous appelle et envoie. - Il nous demande de ne saluer personne en chemin. Nous ne sommes pas là pour faire des mondanités. Nous avons à travailler avec ceux qui le veulent, avec les amis de la paix. S’ils ne veulent pas, passons outre.

Pour résumer mon propos : - Jamais seul - Nous préparons la venue d’un autre - Priez - Allez - Comme l’agneau immolé - Notre assurance est en lui pas dans nos moyens - Sans mondanité - Travailler avec ceux qui le veulent.

Enfin, nous sommes invités à annoncer et d’une certains manière à rendre présent le règne de Dieu. « Le règne de Dieu s’est approché de vous ». Vous le savez, le règne de Dieu, c’est Jésus lui-même. Nous avons à rendre présent le Seigneur pour que lui guérisse les cœurs et leur apporte la paix. Lorsque nous rencontrons les gens ; se disent-ils : « Le règne de Dieu s’est approché de moi ? ». « Jésus veut des évangélisateurs qui annoncent la bonne nouvelle non seulement avec des paroles, mais surtout avec leur vie transfigurée par la présence de Dieu. »

Par l’intercession de Saint Luc, que nous soyons rayonnants de joie et de miséricorde.

+ Yves Le Saux Evêque du Mans

Mise à jour le Jeudi, 09 Novembre 2017 10:39
 
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Texte de Mère Cécile Bruyère, fondatrice et première abbesse de Sainte-Cécile

 

L’âme simple n’a qu’un regard, un amour, une intention, une prétention, une fin : un regard, elle ne voit que Dieu ; un amour, elle n’aime que Dieu ; une intention, elle ne tend qu’à Dieu ; une prétention, contenter Dieu ; une fin, posséder Dieu. Elle ne connaît ni les retours sur le passé, ni les prévoyances inquiètes de l’avenir; elle concentre paisiblement toutes ses forces dans l’unité de l’heure présente ; et dans le moment présent, elle ne voit que l’unité du bon plaisir de Dieu. Les événements, quels qu’ils soient, ne troublent jamais la paix et la sécurité que lui donne le total abandon d’elle-même au bon plaisir de Dieu.

Mise à jour le Dimanche, 21 Décembre 2014 10:49
 


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